Nathalie George

Nathalie George

Specialist European Train Control System (ETCS) - Siemens Mobility
Interview

Entretien avec Nathalie George, Program Manager

Nathalie George est une spécialiste du European Train Control System (ETCS). Ce système surveille la vitesse maximale des trains et augmente considérablement la sécurité. En tant qu’experte chez Siemens Mobility, elle prépare les réseaux d’Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge, pour l’ETCS niveau 2.
  • Nom : Nathalie George
  • Âge : 50
  • Études : Ingénieur civil
  • Hobbys : la voile et les voyages
  • Intitulé de la fonction : Program Manager (ETCS) - Siemens Mobility

En quoi consiste exactement ta fonction ?

Je dirige un programme que nous réalisons avec Infrabel pour préparer le réseau ferroviaire à la nouvelle version de l’ETCS, le système européen de contrôle-commande des trains. Le but de ce système est de veiller à la bonne marche des trains et de prévenir les éventuelles erreurs humaines. Il peut obliger le train à freiner lorsqu'un conducteur rate un feu rouge, par exemple. J’entretiens le contact avec le Program Management d’Infrabel au niveau local et je gère des équipes de Siemens Mobility dans le monde entier, de l’Allemagne à l’Inde, la Slovaquie et l’Espagne, avec l’objectif de développer un système de haute qualité. 

Quelle est ta principale force ?

Même si je possède de solides qualifications techniques, je me focalise surtout sur les soft skills à présent. Je travaille dans un environnement masculin, où je dois être convaincante en tant que leader. Les capacités d’écoute et de négociation sont donc cruciales. J’essaie en permanence de transmettre ce sens de la communication à mes équipes. 

« Je considère les soft skills comme un élément essentiel de mon travail. L’empathie et les capacités d’écoute et de négociation sont cruciales. »
Nathalie George, Sub Program Manager chez Siemens Mobility

À quoi ressemble une de tes journées types ?

Une part importante de mon travail consiste à expliquer le langage technique de nos ingénieurs au management, aussi bien chez Siemens Mobility que chez Infrabel. Les discussions avec les clients ou avec l’équipe occupent aussi une bonne partie de mon temps : je dois écouter les besoins de tous les partenaires, bien comprendre l’aspect humain et technique du problème et, surtout, pouvoir convaincre. Ma formation d'ingénieur civil me donne une excellente base pour faire le lien entre tous ces aspects. Je suis respectée pour mes connaissances techniques et en même temps, j’ai une approche pratique et orientée résultat. 

Comment vis-tu le fait d’être une femme dans un environnement de travail technique ?

Pour être vraiment reconnue comme femme dans une fonction technique, il faut travailler dur : on doit être deux fois meilleure. Et on peut aussi avoir parfois un sentiment de solitude. Cela m’arrive de temps en temps quand je me suis la seule femme dans une réunion avec 20 managers. Mais le fait d’être vue un peu comme une curiosité peut aussi avoir ses avantages : les gens nous remarquent et font attention à ce qu’on dit. 

Tu arrives à contourner facilement ces obstacles ?

Facilement ? Sûrement pas ! Le mieux est de se focaliser sur le sujet et sur le volet technique. À partir du moment où les gens comprennent qu’on peut suivre sans problème les questions techniques les plus complexes, ils ne vous voient plus comme une femme, mais comme un ingénieur. On rentre alors dans une communauté internationale d’experts qui parlent la même langue.  

« Quand on peut parler technique sans problème, les gens ne vous voient plus comme une femme mais comme un ingénieur »
Nathalie George, Sub Program Manager chez Siemens Mobility

Qu’en est-il chez Siemens Mobility ?

J'ai l’impression que Siemens Mobility accorde beaucoup d'attention à la diversité. Arriver à un équilibre hommes-femmes n’est évidemment pas si simple : il faut toujours chercher les bonnes personnes pour le job. Mais indépendamment de cela, je trouve que tous les profils ont leur chance chez Siemens Mobility. L’entreprise a beau avoir une structure allemande, notre politique RH confirme qu'on a besoin de diversité pour être vraiment innovant et le rester.

 

Siemens Mobility n’essaie pas non plus de vous faire rentrer dans un moule. Tout le monde a sa place dans l’entreprise : les hommes comme les femmes et les personnes venant d’horizons différents. Et la connaissance de l’allemand n’est pas nécessaire non plus. La langue de travail est l’anglais sur les projets. Voyez l’équipe internationale qui s’occupe du programme ETCS, par exemple. Elle est super diversifiée. On y trouve des Belges, des Français, des Hollandais, des Allemands, des Espagnols, des Indiens, des Slovaques et des Sud-Africains et également beaucoup d'ingénieurs d'origine nord-africaine. Il y a 10 ans, ce n’était pas courant. Cette diversité est une richesse absolue. 

Où te vois-tu dans 10 ans ?

J’ai évidemment envie de déployer encore d’autres systèmes ambitieux dans le monde entier. Mais j’aimerais aussi me consacrer à la formation des nouveaux talents. Pas forcément devenir CEO, mais préparer les nouvelles générations en tant que mentor ou coach... Ça me plairait bien.