L'infrastructure de recharge ultra-rapide stimule le passage aux VE’s

La transition vers l’électrique nécessite une expansion majeure des infrastructures et de la capacité du réseau pour permettre la recharge. Comment les réseaux de distribution pourront-ils répondre à la demande, tout en faisant face à l’évolution des besoins en mobilité ? 

20-09-2022

 

À l’heure actuelle, tous les grands constructeurs automobiles ont commercialisé au moins un modèle de véhicule électrique. Qu’ils soient utilisés à titre privé ou dans le cadre d’une flotte commerciale, les véhicules électriques occupent dorénavant une place importante dans le parc automobile et joueront un rôle fondamental dans la définition de notre mobilité future.

Les chiffres incitent toutefois à un optimisme prudent. Selon l’Association européenne des constructeurs automobiles, les modèles à essence et diesel représentaient encore 75,5 % de l’ensemble des véhicules neufs immatriculés dans l’UE en 2020, contre 11,9 % pour les hybrides, et seulement 4,5 % pour les véhicules électriques. En 2021, le nombre de véhicules électriques (à batterie et hybrides rechargeables) a bondi pour atteindre 18 % des nouvelles immatriculations. La production de véhicules électriques en Europe devrait être multipliée par six entre 2019 et 2025.

Les gouvernements adoptent des lois et des mesures incitatives afin d’accélérer cette tendance, mais les véhicules eux-mêmes ne constituent qu’une partie du puzzle. Leur adoption massive ne sera viable que si les bornes de recharge publiques nécessaires sont installées pour faire face à cette croissance. 

Nous avons besoin d’infrastructures de recharge sur la route et les destinations de voyage.
Peter Roels, Sales Manager eMobility en Belgique

Le pacte vert pour l’Europe prévoit un million de points de recharge d’ici à 2025, et 13 millions de véhicules à émissions nulles ou faibles sur les routes européennes à cette date.

Quelle que soit la manière dont on l’envisage, les systèmes de transport électrique nécessitent une expansion majeure des infrastructures existantes. Il faut aussi que la recharge des véhicules électriques se fasse beaucoup plus rapidement pour que tous puissent continuer à rouler.

Mise à l’échelle du réseau

Bien que la plupart des véhicules ne soient actuellement pas rechargés au cours de leur trajet, les habitudes de recharge vont évoluer à mesure que la technologie s’améliore et que les conducteurs adoptent l’électrique pour des déplacements plus longs.

« Sans infrastructures de recharge rapide, l’e-mobilité ne peut progresser », explique Peter. « Les gens veulent pouvoir recharger leur voiture de manière aussi rapide, sûre et fiable que s’ils faisaient le plein. En Europe, la situation progresse lentement, mais les pays nordiques sont plus avancés, et le nombre de véhicules électriques achetés y est par conséquent plus élevé. »

La recharge à domicile s’effectue couramment sur une borne monophasée, ou wallbox, d’une puissance de 3,7 à 7,2 kW, ce qui peut prendre de 6 à 12 heures. Les bornes de recharge publiques à courant alternatif offrent des puissances de 11 à 22 kW, mais toutes les voitures ne sont pas compatibles avec la puissance maximum. Pour accélérer l’opération, il faut donc employer des bornes rapides ou ultra-rapides à courant continu, d’une puissance allant de 50 à plus de 300 kW. Elle permettent de recharger une grande partie de la batterie en une demi-heure, voire moins (généralement à un tarif plus élevé). À l’avenir, il faudra multiplier les bornes (ultra-)rapides : au bord des grands axes, pour les longs voyages, mais aussi dans les espaces publics. Ces technologies pourraient, à terme, être installées également dans des centres de recharge, à mesure que les urbanistes intègrent l’évolution des besoins en mobilité dans la conception des villes.

Les gens veulent pouvoir recharger leur voiture de manière aussi rapide, sûre et fiable que s’ils faisaient le plein.
Peter Roels

Pour Peter, « le nombre de bornes privées augmente actuellement, et les personnes achèteront des véhicules électriques si elles peuvent les recharger chez elles ou à proximité. Mais tout le monde ne peut pas installer un tel dispositif chez soi. Nous avons par conséquent besoin de plus de hubs ou de points de recharge dans les lieux publics, comme les parkings, les centres commerciaux ou près des gares. »

Il pourrait s’agir d’une recharge lente pour les parcs relais, où les conducteurs sont absents pour la journée, et d’une recharge rapide en cas de stationnement de courte durée.

« La capacité augmente, passant de 50 kW à 150 kW, voire même plus de 300 kW pour les bornes ultra rapides. Dès lors, nous avons besoin de technologies évolutives pour répondre aux besoins des voitures modernes. »

Gestion du réseau

Les nouvelles infrastructures de recharge rapide feront peser un poids supplémentaire sur le réseau électrique. Un réseau efficace ne se limite pas à l’installation de bornes.

« Il faut pouvoir proposer une recharge fiable en fonction des véhicules qui arrivent à des horaires distincts et ont des capacités de charge différentes », souligne Peter. « Ces futurs hubs auront besoin de plus d’énergie qu’une station-service ou un centre commercial aujourd’hui, et la consommation d’électricité variera. Pour faire face à la pression sur le réseau, il faut des bornes de recharge dynamiques et un système de gestion de la charge. »

Il faut pouvoir proposer une recharge fiable en fonction des véhicules qui arrivent à des horaires distincts et ont des capacités de charge différentes.
Peter Roels

Plus le nombre de véhicules chargés en même temps est élevé, plus le réseau risque d’être surchargé. Les gestionnaires de réseaux de distribution devront agir rapidement pour créer les infrastructures, et des solutions innovantes seront nécessaires en périphérie, là où la consommation d’électricité rencontre la demande. Le stockage des batteries et l’installation de réseaux décentralisés doivent également être pris en compte.

En savoir plus sur l'infrastructure de recharge ultra-rapide ? Surfez sur notre site

Abonnez-vous à notre newsletter

Restez informé – abonnez-vous ici à la newsletter