Accélérer la transformation digitale

Le fonctionnement de l’usine intelligente est basé sur des données. Mais interconnecter les données de l’ensemble des machines et systèmes intelligents d’un environnement industriel est loin d’être évident. C’est pourtant cette interconnexion qui nous permettra de franchir les prochaines étapes de la digitalisation. Une ambition qui nécessite des écosystèmes.

18-11-2022

La transformation digitale : beaucoup en parlent. Peu y parviennent dans la pratique. Selon Bart Demaegdt, business development digitalisation chez Siemens, il existe trois obstacles majeurs. « Le processus est à ce point complexe que 86 % des entreprises qui entament cette transition digitale abandonnent. Un autre 45 % se retrouvent bloquées au moment de faire passer leurs projets IoT du stade de ‘proof of concept’ à celui d’application industrielle. Et enfin se pose la question de savoir avec qui réaliser cette transformation digitale. Car il est impossible de tout faire seul. Il faut donc commencer à penser en termes d'écosystèmes et de plateformes. »

Xcelerator : croisement entre l’IT et l’OT 

Siemens, qui fêtera cette année son 175e anniversaire et ses 125 ans de présence en Belgique, fusionne les mondes réel et virtuel depuis 2007 déjà. Elle est donc bien placée pour aider les entreprises à surmonter ces obstacles. D’après Siemens, les solutions d'automatisation et de digitalisation de demain doivent répondre à quatre conditions. Bart Demaegdt : « Elles doivent être simples d’emploi, flexibles et évolutives, ouvertes, et pouvoir être proposées ‘en tant que services’ ».

C’est sur ce postulat qu’a été développée Xcelerator, une plateforme commerciale digitale ouverte, conçue pour accélérer la transformation digitale et créer plus de valeur pour les clients, quelle que soit leur taille. Son lancement officiel a eu lieu le 29 juin. Le X du logo ne fait pas seulement référence au nom. « Nous voulons croiser les mondes IT et OT. »

Un portefeuille de logiciels, une plateforme et une place de marché

Mais en quoi consiste Xcelerator au final ? « Tout d'abord, Xcelerator regroupe tous les hardware et software de Siemens axés sur la digitalisation, pour autant qu’ils répondent aux conditions précitées. Pour une partie de notre portfolio, cela implique d’adapter la feuille de route, afin de rencontrer les principes de conception technique et commerciale d’Xcelerator. Cela le rend automatiquement ‘future proof’. »

« Deuxièmement, il s’agit d'un écosystème ouvert, qui réunit les solutions de toutes sortes d’experts en en infrastructure (SAP, Microsoft, NVIDIA…), consultance (Deloitte, Accenture…) ou production & vente (où nous pouvons puiser dans un réseau existant de 4 000 partenaires). Il est impossible, même pour Siemens, de tout faire seul. »

« Troisièmement, c’est aussi une place de marché qui fonctionne de la même manière que les plateformes de commerce modernes. Des suggestions sont faites aux utilisateurs sur ce qui pourrait éventuellement les intéresser, par exemple », ajoute Bart Demaegdt.

Rendu réaliste en temps réel

Avec Xcelerator, Siemens propose donc une plateforme qui regroupe des applications pouvant aider les entreprises à progresser dans leur transformation digitale. La collaboration avec NVIDIA illustre parfaitement la force d’un tel écosystème. Pour les gameurs, NVIDIA est une marque de carte graphique ultra performante. Bart Demaegdt : « Mais ils font bien plus que cela. Ils ont par exemple créé une plateforme de collaboration et de conception 3D appelée Omniverse. En la couplant avec l’Xcelerator de Siemens, les utilisateurs obtiennent une plateforme qui leur permet de travailler ensemble de manière totalement immersive. Nous avions déjà des logiciels de simulation, mais tout le monde ne peut pas faire abstraction de la simulation. C’est ce qui produit le fameux effet « vallée de l’étrange » : on voit que c’est faux, donc la simulation est ressentie comme impersonnelle, voire perturbante. Omniverse, par contre, donne un rendu réaliste en temps réel. Il est ainsi possible de créer un métavers industriel afin de résoudre des problèmes du monde physique dans un environnement virtuel. »

Perfectionner les jumeaux digitaux

Quelle est la finalité de tout cela ? « L’application de l'intelligence artificielle nécessite énormément de données historiques », précise Bart Demaegdt. « Quand on veut tester comment optimiser une installation existante ou en construire une nouvelle, ça devient compliqué. Avec un environnement photoréaliste, par contre, on peut créer des données synthétiques et savoir tout de suite, avant même de poser la première pierre, quelle forme doit prendre la ligne de production pour donner le meilleur résultat. Le modèle sert de source pour l’exécution des algorithmes. En fait, le métavers industriel est un prolongement logique des Digital Twins qui met l’accent sur la collaboration immersive. »

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