Esprit pionnier

1907-1936

Présents en Suisse depuis 1894

Nous sommes heureux de pouvoir célébrer cette année le 125e anniversaire de notre entreprise en Suisse. Depuis 1894, Siemens s’y est installée et a réalisé d’innombrables projets pendant cette période. Certains de nos clients sont devenus des icônes suisses bien connues. Ils sont des symboles de la réussite de notre pays et sont synonymes d’esprit d’invention et de force d’innovation. Sur notre site anniversaire, nous avons rassemblé quelques-unes de ces icônes suisses et les projets Siemens les plus importants.

 

Feldschlösschen | Wynau | Chemin de fer rhétique | Pilatus Aircraft | EPFL | Tunnel du Gothard | Siemens Campus Zoug
 

#IcônesSuisses

Chemin de fer rhétique

Le Chemin de fer rhétique (RhB) est mondialement connu et le canton des Grisons serait inconcevable sans lui. Albula et Bernina, ses lignes plus que centenaires, font partie du patrimoine mondial de l’Unesco. Les premiers contacts commerciaux avec Siemens remontent à 1898. Le premier grand projet est réalisé un quart de siècle plus tard, lorsque la ligne Landquart – Klosters est électrifiée en 1922 avec la participation de Siemens. Aujourd’hui, le Chemin de fer rhétique, le plus grand chemin de fer alpin de Suisse, transporte plus de deux millions de voyageurs et huit millions de touristes par an. Les solutions Siemens sont utilisées par le RhB dans de nombreux domaines. La technologie moderne de commande des trains, avec postes d’aiguillage et systèmes de sécurité des trains, garantit des trajets sûrs et ponctuels sur l’ensemble du réseau. En outre, la vidéo permet de sécuriser les gares et de localiser et corriger rapidement les pannes d’électricité sur le réseau ferroviaire de 384 kilomètres grâce à la technologie Siemens.

1907: Siemens soutient l’électrification

Siemens a participé aux essais d’électrification du réseau ferroviaire suisse avec la livraison de la locomotive n° 3 pour la piste d’essai Seebach-Wettingen de la Maschinenfabrik Oerlikon et a construit la caténaire de 13 kilomètres d’Affoltern à Wettingen. A cette époque, une guerre des réseaux faisait rage entre le courant alternatif triphasé, le courant continu et le courant alternatif monophasé. Siemens a fourni le système de courant alternatif monophasé de 15 kV, qui est toujours en service aujourd’hui.

1908: Protos à la puissance trois

Dans la première moitié du XXe siècle, Siemens utilise le nom «Protos» dans diverses industries. En 1908, Siemens reprend l’usine de moteurs «Protos» et construit à Berlin des automobiles Siemens. Au milieu des années 1920, l’entreprise abandonne la production d’automobiles. Sous la marque «Protos», Siemens commence à produire, à partir de 1925, des appareils ménagers et du petit électroménager tel que sèche-cheveux, réfrigérateurs et machines à laver. En 2015, Siemens vend sa participation dans Bosch-Siemens Hausgeräte GmbH, mettant ainsi fin à son engagement dans ce secteur. Et troisième point: Siemens & Halske acquiert en 1922 la société «Protos Telephonwerke AG» basée à Albisrieden pour 800 000 francs suisses. Aujourd’hui encore, l’entreprise régionale Siemens Suisse a toujours son siège dans ce quartier. 

1911: Le dirigeable Siemens décolle

Biesdorf, janvier 1911. Un dirigeable conçu par Siemens décolle pour la première fois de l’histoire. Non seulement le dirigeable est techniquement sophistiqué, mais aussi son hangar: il est construit sur des rails et peut être tourné avec le vent. Cette gigantesque machine volante a effectué 73 vols d’essai avant que le projet ne soit abandonné en 1914.

1911: L’esprit pionnier dans les Grisons

Les premières années qui ont suivi le début du siècle dernier ont été dominées par l’électrification des chemins de fer, mise en œuvre sur les lignes de l’Engadine à partir de 1911. Le Chemin de fer rhétique a été l’un des premiers promoteurs de l’électrification du réseau et, un rapport indique que la possibilité d’une exploitation électrique, au moins «sur certaines parties plus plates du réseau» est en cours d’étude. Dès 1898, la Banque des chemins de fer suisses clarifie le financement d’une ligne Thusis – Engadine – Chiavenna. La banque demande à Siemens & Halske à Berlin une expertise sur l’utilisation possible de l’électricité pour l’exploitation de cette ligne.

 

Les ingénieurs de Siemens y indiquent que l’électrification offrirait certains avantages. Tout d’abord, parce que le charbon est cher et que la consommation est élevée en raison des fortes pentes à gravir. D’autre part, parce qu’il y aurait suffisamment d’énergie hydroélectrique disponible et que les trains en descente pourraient récupérer l’énergie électrique. Et pourtant, l’expertise se solde par une décision négative. D’abord, l’utilisation des capacités était trop différente entre l’hiver et l’été, de sorte que les trains à vapeur pouvaient mieux faire face à une plus grande affluence. Ensuite, les ingénieurs avaient exprimé des doutes quant à la sécurité d’exploitation dans les zones de haute montagne jusqu’à 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer, car aucune expérience significative n’était disponible. L’utilisation de locomotives à vapeur assurait une plus grande sécurité d’exploitation.

 

Quelques années plus tard la situation était mûre après l’établissement, en 1906, de nouveaux éclaircissements et études par différents experts. Ainsi, entre 1911 et 1913, Siemens-Schuckertwerke réalise l’ensemble de la ligne aérienne de contact pour les lignes Engadine.

 

Mais l’électrification du trafic ferroviaire avait également progressé dans d’autres régions du pays. Ainsi, le chemin de fer Berne-Lötschberg-Simplon, inauguré dans son intégralité en 1913, a été la première ligne principale de chemin de fer alpin électrifié. Sur la ligne BLS entre Spiez et Frutigen, il circulait trois automotrices sur lesquelles Siemens avait fourni un certain nombre de composants électriques. En 1913 également, Siemens-Schuckertwerke installait l’équipement électrique de 14 motrices du train Steffisburg-Thun-Oberhofen, y compris les collecteurs en forme de lyre et les accouplements en trompette.

1913: Siemens en Suisse romande

Siemens a ouvert un bureau technique à Lausanne, qui proposait également la gamme de produits Siemens en Suisse romande.

1914: De serrurier à inventeur

En pleine Première Guerre mondiale, le nouveau tunnel Hauenstein entre Bâle et Olten est mis en service. L’ouvrage, inauguré le 8 janvier 1916, augmentait massivement la capacité ferroviaire sur l’axe nord-sud. L’un des problèmes était la sécurité des trains: le tunnel de huit kilomètres de long était utilisé par des trains à vapeur, ce qui rendait impossible la présence d’un poste de bloc de section avec du personnel. La solution a été trouvée par un ingénieur de Langenthal, âgé de 36 ans. En 1915, Rudolf Zaugg déposait une demande de brevet pour le premier compteur d’essieux entièrement fonctionnel. «Au début du bloc de section, les essieux du train doivent être comptés et à la fin du bloc, ils sont de nouveau comptés. Si la soustraction est nulle, le bloc de section est libre.» Ce qui parait simple exige une précision extrême: les contacteurs et les compteurs d’essieux doivent fonctionner en permanence – même lorsque la vitesse à laquelle les trains passent devant le point de mesure au milieu du tunnel peut atteindre 100 km/h. 

 

Rudolf Zaugg doit probablement le succès de la mise en œuvre de son idée à son parcours professionnel: le jeune homme avait acquis ses compétences en génie mécanique et électrique de manière très peu conventionnelle. Bien que, après ses études secondaires, son père l’ait envoyé à l’Ecole professionnelle de Burgdorf en 1895, il ne s’y est pas plu. Donc, un an plus tard, il apprend le métier de serrurier chez Eichmeister Zbinden à Langenthal, une «solution de fortune» comme il disait lui-même.

 

A cette époque, un projet impressionnant était en cours de réalisation à Wynau, près de là. Siemens construisait la première grande centrale électrique fluviale de Suisse sur les rives de l’Aar, et le jeune homme de 16 ans souhaitait appliquer ce qu’il avait appris: «...bientôt je me suis présenté pour aider aux installations», comme il l’écrit dans une lettre à son neveu en 1940. A cette occasion, le jeune serrurier fit la connaissance de plusieurs ingénieurs et spécialistes de Siemens. Son parcours d’apprentissage professionnel l’a ensuite conduit notamment à Bruxelles, où il a travaillé pendant plusieurs mois pour Siemens & Halske. Au bout de trois ans, le jeune homme est rentré en Suisse et s’est vraiment mis aux études: en 1900, il sort diplômé de l’Ecole professionnelle de Burgdorf et trouve un emploi à la Centralbahn. A 25 ans, il passe à l’Inspection supérieure du télégraphe des Chemins de fer fédéraux et suit des cours de mathématiques à l’Université de Berne. En 1910, il réussit l’examen d’ingénieur à l’Académie de Wismar et travaille ensuite aux CFF; il y met en œuvre de nombreuses idées et améliorations et invente son compteur d’essieux. Hier comme aujourd’hui, les compteurs d’essieux – qui font d’ailleurs partie de la gamme Siemens – sont des éléments centraux de tout système de sécurité ferroviaire moderne. 

1914: L’Europe regarde Zurich

En 1914, l’ensemble du trafic téléphonique de service dans la gare centrale de Zurich et les liaisons avec les gares environnantes sont automatisés. La dernière technologie Siemens a été utilisée pour ce projet. Les CFF ont été la première administration ferroviaire en Europe à introduire une telle innovation révolutionnaire. Le système a connu un tel succès qu’un grand nombre d’autres commandes ont été passées auprès de Siemens.

1918: Vol spectaculaire vers la Suisse

Le 13 novembre 1918, Josef Hollenstein, un garçon de Rapperswil, a assisté à une «invasion» particulière. Bien que deux jours auparavant, avec la signature de l’armistice à Compiègne, la Première Guerre mondiale ait pris fin et que la défaite des puissances centrales et de l’Empire allemand ait été scellée, il observa l’atterrissage de quelques pilotes allemands à Rapperswil. Ceux-ci voulaient éviter que leurs avions ne soient confisqués par les Alliés. Le même jour, deux biplans ont atterri à Schaffhouse. Il s’agissait d’appareils du type Siemens-Schuckert SSW D.III, pratiquement neufs et équipés d’un propulseur spécial – le moteur rotatif Sh.III de 160 ch, refroidi par air, de Siemens & Halske. Le onze cylindres permettait aux intercepteurs d’atteindre des performances ascensionnelles inconnues jusqu’ici. Les pilotes ne voulaient pas céder cette technologie aux Alliés, mais bien sûr les Forces aériennes suisses étaient également intéressées. L’avion qui n’avait pas été endommagé lors de l’atterrissage à Schaffhouse a été interné et remis à la Confédération suisse au printemps 1920. «Au cours de cette année, l’avion a fait l’objet d’une révision en profondeur et sera bientôt mis à la disposition de nos pilotes de chasse», écrivait en 1921 le magazine La Suisse aérienne. «La capacité ascensionnelle est extraordinaire», poursuit le magazine. «Lors des vols de réception, elle s’est chiffrée à 6000 m en 15 minutes et 8100 m en 36 minutes.»

 

Josef Hollenstein, témoin oculaire, a conservé une impression inoubliable des avions et des pilotes, comme il l’a écrit dans ses mémoires d’enfance publiées en 1984: «Après que ses camarades du deuxième avion ont changé de cap (…), un pilote de chasse allemand, avec un trou de la taille d’un poing dans l’aile droite de son biplan, recouverte de toile, tenta un atterrissage osé sur un pré humide à Rapperswil, sur les bords du lac Zurich, afin de livrer son avion aux autorités locales». Et Hollenstein se souvient: «En fait, plusieurs avions allemands ont alors été achetés par la Suisse. Les pilotes allemands ont été internés et ceux qui ont atterri à Rapperswil ont été provisoirement logés très confortablement dans l’hôtel Post.»

 

Selon un article de fond du magazine spécialisé «Cockpit» de 2010, l’atterrissage à Rapperswil ne s’est pas déroulé si facilement: «…il est avéré que les deux avions Siemens ont subi des dommages irréparables lors de l’atterrissage». Et le magazine écrit à propos du sort réservé au avions: «A l’exception du SSW D.III, qui (...) a atterri en douceur sur le site de l’arsenal de Schaffhouse (...), tous les autres intercepteurs Siemens ont dû être livrés à la France en 1919 sous la pression massive de l’Entente.»

1920: Ouverture du bureau technique à Berne

Le bureau technique de Berne a été fondé dans le but d’améliorer les contacts avec l’Administration fédérale du télégraphe et du téléphone. Les domaines des systèmes de commutation publics, des systèmes de transmission, des systèmes de commutation d’abonnés et de la technique de signalisation télex et ferroviaire ont été traités à partir de là. La succursale de Berne employait au total 270 personnes, principalement des ingénieurs et des techniciens.

1920: Pour la Société des Nations sous le sol

La ville de Genève est riche en histoires et beaucoup d’entre elles sont liées aux Nations Unies. L’ascension de la ville en un lieu de renommée mondiale a commencé en novembre 1920, quelques mois après la fondation de la Société des Nations, lorsque sa toute première Assemblée générale a été planifiée. Ce qui manquait encore à l’époque, c’était une infrastructure efficace. Une liaison téléphonique a dû être établie très rapidement entre le central téléphonique de Lausanne et le nouveau siège genevois de la Société des Nations. Siemens & Halske AG a obtenu le contrat et posé un câble Pupin de 60 km de long. Cela a permis d’améliorer considérablement la qualité de la voix et la capacité de transmission. Il s’agissait à la fois du premier câble souterrain longue distance en Suisse et d’une partie de l’idée ambitieuse de relier la centrale fédérale par des câbles posés dans des canalisations.

 

Cependant, au début des travaux de construction, on ne savait pas exactement où les experts Siemens allaient tirer le câble Pupin. Jusqu’en août 1920, la Société des Nations n’avait pas encore trouvé de site convenable. Lors de sa recherche de locaux adaptés, en août 1920, le secrétaire général Eric Drummond a été enthousiasmé par l’imposant Hôtel National, situé directement sur le lac Léman. Le bâtiment, inauguré en 1875, était resté vide pendant longtemps et avait été rénové peu de temps auparavant. Les architectes qui avaient été chargés de la rénovation ont dû le modifier à la hâte. Juste à temps avant la réunion plénière, Siemens a également mis en service la nouvelle liaison Pupin. A l’Hôtel National, les chambres avaient entre-temps été transformées en bureaux, les salles de réception en salles de réunion et les aires de service en locaux de stockage.

 

En 1924, l’édifice fut rebaptisé «Palais Wilson». Il a été utilisé par la Société des Nations jusqu’en 1937. Ensuite, jusqu’à sa dissolution en 1946, l’Organisation a occupé le nouveau Palais de la Société des Nations, construit sur le terrain de l’Ariana Park. Le Palais Wilson abrite aujourd’hui le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

1920: Une idée brillante

En 1919, le bureau technique de Zurich a réussi un coup audacieux: les experts de Siemens ont rédigé à l’intention de l’Obertelegraphendirektion un mémorandum sur les systèmes téléphoniques entièrement automatiques. De tels systèmes étaient utilisés avec succès à la Basler Lebensversicherung et à la gare centrale de Zurich. La brochure a donné aux autorités bernoises une nouvelle idée commerciale: elle souhaitait louer à ses clients des postes téléphoniques automatiques privés. Le 18 octobre 1920, Siemens a été en mesure d’assembler chez Gebrüder Sulzer AG, à Winterthur, le premier système PTT entièrement automatisé, appartenant à l’administration. Désormais, tout le monde pouvait utiliser son téléphone pour traiter tous les appels internes et les communications officielles externes. La demande a rapidement augmenté et Siemens a ouvert le premier bureau technique dans la capitale fédérale, au 7 de la Laupenstrasse.

 

Le 7 juin 1921, les performances, aux caractéristiques entièrement nouvelles, de l’usine Sulzer ont incité l’Obertelegraphendirektion à déposer une demande pour la construction d’un central local entièrement automatisé et d’un bureau de télécommunications à Lausanne. Une semaine plus tard, Siemens obtenait la commande. La centrale avec sélecteur automatique de Strowger, comptant 8000 raccordements, est entrée en service en 1923. Ce projet marque le début de l’automatisation nationale du réseau téléphonique public en Suisse.

1922: Un cadran à 25 chiffres

11 481 francs, c’est le prix du standard téléphonique interne que Siemens installe en août 1922 chez Pfenniger & Cie AG, une usine textile de Wädenswil. Le système disposait de 25 raccordements – chaque téléphone de bureau avait donc 25 numéros sur le cadran. Le central a fonctionné jusqu’en 1940 et se trouve aujourd’hui au musée Siemens à Albisrieden. Les usines textiles, par contre, ont disparu. L’industrie textile de Wädenswil a pris de l’ampleur au début du XXe siècle grâce au remplacement du travail à domicile par le travail en usine. Puis, en raison du déclin de l’industrie textile, l’usine de Pfenninger a cessé ses activités en 1976. En 1978, l’autre entreprise locale, l’usine textile de Wädenswill, a également dû fermer ses portes.

1922: Albisrieden devient important

En 1922, la société «Siemens Elektrizitätserzeugnisse AG» (SEAG) est créée à Zurich, lui sont intégrés les quatre bureaux techniques existants. La même année, Siemens & Halske rachète la société «Protos Telephonwerke AG» d’Albisrieden avec ses 60 collaborateurs. C’était la première fois que Siemens disposait d’un site de production en Suisse. En 1924, le nom est modifié en «Telephonwerke Albisrieden AG» et en 1935 – un an après l’intégration d’Albisrieden dans la ville de Zurich – la société est rebaptisée «Albiswerk Zürich AG». Ses produits sont vendus dans toute la Suisse par l’intermédiaire du réseau de vente SEAG. 

1923: 200 000 francs pour une bonne cause

L’entreprise familiale Siemens a toujours entretenu un réseau international. Après que Carl, le frère de Werner, a déménagé en Russie en 1853 pour le compte de l’entreprise et a été anobli par le tsar, la famille faisait partie de l’élite russe. Ses filles, Charlotte et Marie, ont grandi en Russie et ont épousé les barons Alexander von Buxhoeveden et Georgi von Graevenitz. Diadèmes, servantes et prospérité — telle était la vie des deux femmes. Mais seulement jusqu’à la Première Guerre mondiale. Le mari de Charlotte, au service du tsar, est assassiné. Brusquement, Charlotte, déjà mère à cinq reprises, est obligée de fuir la Russie. Finalement, elle obtient la citoyenneté du Lichtenstein. Sa sœur Marie connaît le même sort. Sa résidence près de Saint-Pétersbourg est prise par les bolcheviques. Marie était alors en vacances en Italie. Les deux sœurs recréent laborieusement une nouvelle vie en dehors de la Russie. Peu après la fin de la guerre, elles récupèrent finalement l’héritage de Carl von Siemens, précédemment bloqué. Marquées par leur fuite et par la guerre, elles investissent 200 000 francs suisses et concrétisent la vision de leur père en fondant la Fondation Werner Siemens à Schaffhouse en 1923. L’objectif de la fondation est d’apporter un soutien financier aux descendants de Siemens tombés dans le besoin à la suite des bouleversements politiques et économiques en Allemagne et en Russie. Au fil des ans, la Fondation Werner Siemens modifie ses objectifs et se concentre sur le financement de l’éducation et la promotion de la recherche. Aujourd’hui, il s’agit d’une fondation mixte: l’appui aux membres de la famille Siemens continue. Dans sa partie philanthropique, la Fondation soutient également les innovations exceptionnelles et les jeunes talents de la technologie et des sciences en accordant des bourses d’études et des dons.

1925: A l’époque déjà, un marché en pleine croissance

Après que Reiniger, Gebbert & Schall ont rencontré des difficultés financières, Siemens & Halske a pris une participation majoritaire dans l’entreprise, début 1925. Trente ans plus tôt, l’avenir économique de l’entreprise d’Erlangen était encore plus prometteur. En 1895, le physicien Wilhelm Conrad Röntgen découvre les rayons qui portent son nom et déclenche une révolution médicale. Un an plus tard, les sociétés Siemens & Halske et Reiniger, Gebbert & Schall prennent conscience des possibilités de la nouvelle technologie. Il s’avère que les rayons X avaient également un effet sur les tissus et les entreprises commencent à produire des systèmes à rayons X à des fins médicales. Les sociétés entretiennent d’étroites relations entre elles. Avec la reprise de la majorité des parts par Siemens & Halske en 1925, la première pierre est posée pour Siemens Medical Technology. Par la suite, d’autres développements suivent, tels que les systèmes de radiographie en forme de boule, qui apportent une manipulation plus facile et un faible encombrement au sol, et contribuent ainsi au développement de la radiographie dans le monde entier. Au fil des décennies, l’entreprise n’a cessé de se développer et elle est désormais cotée à la Bourse de Francfort sous le nom de «Siemens Healthineers».

1929: Amateur professionnel

Le 4 août 1929, l’Union des radioamateurs suisses (USKA) est fondée à Zurich. Heinrich Degler, employé de Siemens, considéré comme le premier radioamateur suisse et qui a travaillé pendant près de 40 ans à l’Albiswerk, participe à la création. Pendant longtemps, il n’existait en Suisse ni base légale ni autorisation officielle pour les radiocommunications privées. Une poignée d’amateurs radio, dont Heinrich Degler, étaient qualifiés par la presse «d’organisation secrète» et leurs stations de radio «occultes» avait été confisquées. En 1926, Heinrich Degler, alors ingénieur de 26 ans, reçoit finalement la licence officielle nécessaire. Le 12 mai 1926, il envoie pour la première fois son indicatif d’appel H9XA sur les ondes et prend l’initiative de fonder USKA.

 

Degler n’a pas défini son activité d’amateur d’ondes radio comme un passe-temps ou un sport. Il voulait apporter une contribution de valeur scientifique et améliorer la technologie. C’est pourquoi il a également soutenu le scientifique et inventeur suisse Auguste Piccard dans ses recherches stratosphériques. En 1932, Piccard vole en ballon à gaz de Dübendorf à une altitude d’environ 16 000 mètres pour effectuer des mesures dans les airs. Degler l’accompagne avec une station de radio mobile dans sa voiture, en suivant le ballon. C’est ainsi que Degler assure le contact radio entre Piccard et le sol afin d’aider le chercheur en stratosphère en cas d’urgence.

1931: Radios d’Albisrieden

Au début des années 1930, le gouvernement suisse a imposé de nombreuses restrictions douanières pour protéger les producteurs de radio nationaux suite à la grave récession. Avec Telefunken, Siemens était l’un des principaux fabricants de postes de radio et de tubes en Allemagne. Afin de pouvoir continuer à exploiter l’entreprise suisse, il a été créé une succursale de Telefunken GmbH à Zurich, en 1932, et la Telephonwerke Albisrieden a été encouragée à produire des postes radio supplémentaires. La production sous licence a débuté dans une ancienne grande menuiserie d’Albisrieden, plus tard rebaptisée Albiswerk Zürich AG.

 

Dès 1933, les deux premiers modèles de Telefunken Albis, «Mozart» et «Parsifal», sont présentés à l’exposition radio de Zurich. Mais seul le modèle suivant, le «Telefunken-Albis 460», a été entièrement développé et fabriqué à Albisrieden.

 

En 1941, Siemens se sépare de Telefunken. C’est ainsi que la marque Telefunken-Albis devient Siemens-Albis en Suisse. La production de l’usine d’Albis se poursuit à un rythme soutenu – quatre nouveaux modèles sont généralement présentés chaque année. Le «Albis 494», lancé en 1948, était un appareil spécial – la plus grande radio jamais construite dans l’usine Albis en termes de complexité du circuit et de nombre de tubes. Le prix du produit-phare d’Albis était de 1050 francs – avec une diffusion téléphonique intégrée. A titre de comparaison: une machine à coudre coûtait 475 francs à l’époque et un employé de Siemens gagnait 500 francs par mois. Selon les estimations, environ 130 000 appareils ont été produits à Albisrieden en 20 ans.

 

En 1952, le commerce spécialisé reçoit un dernier envoi, quatre modèles de radio. Ces appareils n’avaient pas non plus de partie FM intégrée. Les vendeurs ont donc eu du mal à s’y retrouver, car la technologie FM était à l’époque l’incarnation même de la réception radio moderne avec un son de qualité. La production a été arrêtée, de même que la fabrication des téléviseurs. Au début des années 1950, l’Albiswerk et les fabricants de radios Dewald et Paillard avaient commencé à développer conjointement des téléviseurs. Les premiers téléviseurs «Aldepa» ont été présentés en 1952 à la Foire des échantillons de Bâle. Mais un an plus tard, le projet a été à nouveau arrêté. «Le niveau élevé de l’emploi dans le secteur du téléphone ne nous a pas permis d’imposer des exigences supplémentaires à notre capacité d’exécution», indique le rapport annuel de 1953. Les connaissances des employés et de l’entreprise n’ont toutefois pas été perdues et ont été utilisées pendant plusieurs années encore dans les techniques radar et radio ainsi que dans la radiodiffusion téléphonique à haute fréquence (HF-TR).

1931: Une spécificité suisse

Dans un premier temps, les programmes de radio en Suisse ont été diffusés exclusivement par voie terrestre et par ondes moyennes. Toutefois, dans les vallées de montagne en particulier, la réception était souvent très médiocre. Dès 1931, des essais de radio filaire sont réalisés. Il s’agissait de la transmission de programmes radiophoniques par lignes téléphoniques. Siemens fournit les premiers systèmes aux PTT de l’époque, qui introduisent rapidement la nouvelle technologie sous forme de diffusion téléphonique (TR). Après que plusieurs prototypes ont été testés avec succès, la production en série des appareils TR commence à Albisrieden en 1934. Il s’agit de la fabrication et de l’installation d’équipements de transmission et de distribution dans les centraux téléphoniques, une activité très lucrative. Jusqu’à l’avènement de la radiodiffusion FM en 1952, le message téléphonique était d’une grande importance pour les régions de montagne. Les trois chaînes nationales de la SSR étaient diffusées ainsi, de même que d’autres programmes sur trois autres chaînes. A la fin de 1997, la diffusion téléphonique a été interrompue avec l’introduction du RNIS, car les harmoniques du RNIS interféraient avec les signaux de la diffusion téléphonique.

1932: Téléphone de l’armée 32

Après que Siemens & Halske ait déjà livré les premiers téléphones de campagne à l’armée suisse en 1906, Telefonwerke Albisrieden a développé ces téléphones de terrain. Il s’agit du premier téléphone de campagne acheté par l’armée suisse en grandes quantités (plus de 11 000 unités) et introduit comme modèle standard dans toutes les branches de l’armée. Il a été copié sous licence par les sociétés Autophon, Hasler et Gfeller.