Crise sanitaire : les unités mobiles de réanimation, une solution de renfort

Durant la crise du Covid-19, les soignants, médecins et directions d’hôpitaux ont imaginé, en urgence, des solutions pour faire face à la prise en charge de patients. L’un des enjeux majeurs : l’augmentation du nombre de lits en réanimation et en soins intensifs. Parmi les solutions mises à l’étude, des unités mobiles de réanimation permettant de désengorger les infrastructures hospitalières lors de crises sanitaires. Explications.

Chirurgies non urgentes déprogrammées, personnel sous tension, manque de lits, de matériel... La crise du Covid-19 a mis en lumière de nombreux dysfonctionnements dans les hôpitaux du monde entier. La France n’y a pas échappé avec des disparités entre les régions, plus ou moins touchées par le virus. De nombreuses initiatives 3.0 ont notamment vu le jour afin de surveiller et de visualiser en temps réel la disponibilité des lits de soins intensifs. En France, des patients ont ainsi été transférés d’une région à l’autre, d’autres ont été soignés dans un hôpital militaire du service de santé des armées déployé sur le parking de l’hôpital de Mulhouse (Haut-Rhin).

 

Augmenter les lits de réanimation et de soins intensifs : une problématique à laquelle les unités mobiles de réanimation, entièrement adaptables et autonomes en électricité, en eau et en air, sont en capacité de répondre. Des unités composées de chambres individuelles et, selon les besoins, de postes de soin pour le personnel soignant, salles de repos ou encore de locaux de stockage d’équipements biomédicaux. 

Les soignants au cœur du processus de fabrication

Après avoir collaboré avec la direction technique, immobilière et logistique de l’hôpital de Pontoise (Val-d’Oise) et avoir recueilli les témoignages de l’équipe de réanimation de l’établissement, Siemens et Toutenkamion Group ont développé un système agile mobile en adéquation avec les besoins réels du personnel soignant et des patients. « Nous avons intégré au projet des soignants qui ont vécu le Covid et créé cette solution à partir d’entretiens avec des chirurgiens et médecins réanimateurs, explique Florian Ermacora, responsable Grands comptes Nationaux Santé chez Siemens.

Nous avons intégré au projet des soignants qui ont vécu le Covid et créé cette solution à partir d’entretiens avec des chirurgiens et médecins réanimateurs,
explique Florian Ermacora, responsable Grands comptes Nationaux Santé chez Siemens.

« Leurs attentes étaient surtout liées à la dimension des chambres et à l’autonomie de la structure. »  Priorité est donc donnée au traitement de l’air et à l’ergonomie afin de permettre au personnel soignant de circuler facilement autour du patient et de disposer de l’espace nécessaire afin d’agir en cas d’urgence pour prodiguer des soins critiques, sans être gêné par les nombreux équipements médicaux. 

Une cocréation au service de l’innovation

Siemens intègre la partie technique à l’intérieur des modules : distribution électrique, GTB, détection incendie, sûreté, traitement de l’air, fluides médicaux (production et distribution). Ainsi que l’intégration de solutions de dialyse par l’intermédiaire de partenaires comme le laboratoire Baxter et la société Novair, fabricant français spécialiste des systèmes de gaz médicaux.

 

A l’intérieur de ces unités mobiles, les médecins ont par exemple accès à des techniques d’épuration extracorporelle rénales et multi-organes pour supporter les organes défaillants en réanimation (rein, poumon, foie, cœur, purification sanguine…). Les fluides médicaux sont, eux, produits et approvisionnés en parfaite autonomie par le biais de générateurs mobiles, préservant ainsi les capacités énergétiques de l’hôpital.

Une capacité à répondre à des besoins sanitaires multiples

Solution à un afflux massif de patients, les unités mobiles de réanimation peuvent également pallier l’absence de soins dans les déserts médicaux ou bien venir en renfort aux hôpitaux en phase de travaux. Habilitées à abriter des unités de dialyse ou d’hématologie, elles permettent de désengorger les hôpitaux et peuvent aussi être complétées et connectées par d’autres fonctions médicales et mobiles (scanner radiologie, mammographie, échographie…).

 

Autonomes, fabriquées avec des matériaux résistants aux différentes conditions climatiques et transportables par bateau ou par les airs, elles sont en capacité de répondre aux besoins sanitaires liés à une catastrophe naturelle, un accident de grande ampleur (comme récemment l’incendie du port de Beyrouth), un attentat terroriste ou dans le cadre d’interventions militaires.

Octobre 2020

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