Le net zéro carbone : un engagement précoce de l’aéroport de Nice 

Airplane flying to Nice International Airport

Très tôt l’aéroport de Nice a lancé un plan d’action pour améliorer l’efficacité des ressources et sa performance environnementale, et s’est fixé l’objectif ambitieux d’atteindre la neutralité carbone en 2030 au lieu de 2050 comme le prévoit la réglementation européenne.

La mise en œuvre du plan peut compter sur la culture environnementale bien présente au sein des équipes pilotes. Voici comment se matérialise, en coulisses, cet engagement volontaire.

Savez-vous vraiment à quoi ressemble la vie au sein d’un aéroport ? Commerçants, restaurateurs, services administratifs, vétérinaires, douane, police aux frontières,… autant d’activités qui se côtoient dans un même lieu : le site aéroportuaire de Nice est une véritable ville dans la ville où près de 6 000 personnes travaillent quotidiennement ! Avec une superficie totale d’environ 370 hectares, deux pistes, 20 passerelles télescopiques, 54 portes d’embarquements et deux terminaux de 52 000 m² et 57 800 m² chacun, l’aéroport de Nice Côte d’Azur est parmi les plus attractifs et dynamiques de France. 

Toujours plus de qualité mais avec le moins d’émission carbone possible

Deuxième plateforme aéroportuaire de l’Hexagone en termes de passagers et d’aviation d’affaires après Paris, l’aéroport de Nice devance les métropoles de Marseille et Lyon, pourtant plus peuplées et plus étendues. En 2019, avant la pandémie, l’aéroport avait enregistré un trafic de 14,5 millions de passagers. Idéalement situé, au carrefour de la Méditerranée et de plusieurs frontières, il couvre vingt-trois destinations en Europe telles que les Pays-Bas, l’Autriche, la Pologne, le Portugal, ou encore la Grèce. C’est également le seul aéroport français, à l’exception des aéroports parisiens, à proposer six destinations longs courriers en vols réguliers et à accueillir l’Airbus A380 en vol quotidien.
En perpétuelle effervescence, le site aéroportuaire poursuit son développement et sa modernisation tout en accordant une importance capitale à la création d’une aviation plus durable et respectueuse de l’environnement. « L’objectif est de continuer à fournir toujours plus de qualité aux passagers et employés, avec le moins d’émission carbone possible », explique Vincent Lebegue, membre de la Direction technique des aéroports de la Côte d’Azur en charge de la gestion de la performance énergétique.  

La neutralité climatique : une volonté précoce d’agir

Tandis que le Conseil international des aéroports – Europe (ACI Europe) s’est engagé à atteindre la « neutralité climatique » d’ici à 2050, l’aéroport de Nice s’est fixé l’objectif d’y parvenir en 2030*. Pionniers dans le domaine, les trois aéroports du Groupe de la Côte d’Azur, Cannes-Mandelieu, Nice et Golfe de St-Tropez ont été les premiers en France à atteindre le « niveau 4+ Transition » du programme de l’ACI. Soit le dernier palier avant le niveau zéro émission carbone. « Notre engagement ne date pas d’hier, nous avions pris de l’avance bien avant les réglementations. C’est une volonté interne très importante pour tout le personnel de l’aéroport depuis une dizaine d’années déjà », affirme Isabelle Vandrot, responsable du département environnement et développement durable des aéroports de la Côte d’Azur. Une mission de grande ampleur et de longue haleine dans laquelle le groupe aéroportuaire est accompagné entre autres par Siemens, partenaire de longue date pour la gestion énergétique ainsi que la sécurité incendie. 

Des indicateurs fiables pour une analyse la plus précise possible

« Toutes les infrastructures sont pensées pour nous permettre d’abaisser les consommations des terminaux », indique Vincent Lebegue. Mais comment l’aéroport parvient-il à gérer son énergie ? Commerces, restaurants, point de vente et d’enregistrement des billets ou encore engins des pistes, tous les rouages et acteurs des terminaux, « sont concernés et respectent cette politique de neutralité carbone », explique Isabelle Vandrot. Parmi les principaux pôles de consommation, le chauffage et surtout la climatisation sont les plus conséquents. Le déploiement d’un système de suivi de l’énergie avec 2 500 compteurs spécifiquement orientés sur la production d’électricité et de la climatisation a donc été installé en priorité en test dans le Terminal 1 en 2013, avant d’être étendu au Terminal 2 quelques années plus tard.
Pour poursuivre ses engagements, l’aéroport avait également besoin d’indicateurs réguliers sur sa consommation d’électricité en temps réel, ainsi que d’un outil de visualisation des données liées à la gestion de l’énergie sur l’ensemble du site. Une étape supplémentaire vers ses ambitions, rendue possible par l’implémentation de la plateforme de gestion intégrée des bâtiments, Desigo CC, et par le système Siemens Navigator associé au GBM (Green Building Monitor) de Siemens. « Plus l’analyse du fonctionnement général et des dysfonctionnements est fine, plus nous pouvons recadrer notre système, ajuster et même anticiper notre consommation », précise Isabelle Vandrot. Ainsi, en 2019, la détection d’une faille de surventilation dans les locaux par le service Green Analysis de Siemens a permis à l’aéroport de réaliser 25 000 euros d’économies d’énergie. Le problème était lié à une sonde de CO2 à remplacer. 
Afin de tenir ses objectifs, l’aéroport – qui a déjà participé à la plantation de près de six hectares d’arbres cette année dans la région – s’impose donc une « régulation permanente », et ne produit que ce dont il a besoin, pour éviter tout gaspillage. « Le système nous fait savoir quand il faut déclencher les pompes à chaleur par exemple. Cela permet de contrôler le fonctionnement des installations de production, de manière à ne fournir que l’énergie nécessaire », explique Vincent Lebegue.

Un challenge quotidien et collectif

Entreprise de service avant tout, l’aéroport de Nice veille à ce que ses occupants ne subissent pas les mesures correctives. « Le passager est de passage, il a moins de risque d’être impacté par le changement de température qu’un employé qui travaille dans un Terminal toute la journée »
Si un petit degré de plus ou de moins paraît être un compromis anodin, c’est en réalité un écart de consommation de 7 %. Une différence non négligeable dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre ainsi que sur le plan financier. 
« En 2019, la consommation annuelle de l’aéroport de Nice était de 45 GWh. Entre 2020 et 2021, le prix de l’énergie s’est envolé pour faire augmenter la facture de presque 70 % », déclare Vincent Lebegue. Assurer le confort climatique de chacun tout en faisant des économies et devenir neutre en carbone est donc un challenge permanent qui doit s’orchestrer avec l’ensemble des personnes travaillant sur site. « C’est une boucle vertueuse avec des difficultés à surmonter. Le but est d’avancer, d’innover sans jamais revenir en arrière, reconnaît Isabelle Vandrot. Pour continuer de décarboner, il faut créer des bases solides avec des outils efficaces qui nous permettent de rester performant ». 
*Cela n’inclut pas les émissions de gaz à effet de serre des avions eux-mêmes. 

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